Des fourmis font du rafting, c’est gore-tex

Une étude vient de décrire de le comportement qui permet aux fourmis de feu de former un radeau, une île flottante totalement étanche.

Une recherche pour le fun?

Dans la nature, ces radeaux permettent aux fourmis de feu de survivre aux orages diluviens de leur Brésil natal. Dans un but de biomimétisme, certains laboratoires espèrent s’en inspirer pour construire et domestiquer de petits robots grouillant pouvant être utilisés pour explorer des zones inaccessibles ou nettoyer les souillures des marées noires.

« Le radeau de fourmis avait jusqu’à présent été seulement décrite. Nous sommes dans une perspective d’ingénierie », déclare Nathan Mlot du Georgia Institute of Technology, auteur principal de l’article paru dans PNAS.

Observer pour comprendre

Même si l’exosquelette des fourmis repoussent naturellement l’eau, une fourmi solitaire, abandonnée dans un seau coule, alors qu’une colonie entière peut flotter pendant des semaines.

Afin de comprendre les liaisons au sein du radeau, la première étape à été d’observer pendant des heures et sous toutes les coutures la structure formée par les fourmis de feu (Solenopsis invicta). Nul besoin d’aller jusqu’au Brésil pour collecter ccs fourmis, espèce invasive que l’on peut trouver dans le sud des USA. Dès le prélèvement dans leur milieu naturel (un bord de route, elles colonisent en suivant les axes de communication humains, malines les coquines) ils ont immédiatement remarqué les fourmis formaient de véritable touffes prenant la consistance d’une pâte à modeler souple et coulant comme du miel ou du ketchup.

Une petite tasse de fourmis. Ca coule de source!

« Vous pouvez ramasser une grappe de ces fourmis dans votre main. Vous pourriez former une boule, la jeter en l’air, et toutes les fourmis resteraient ensemble comme une balle », a déclaré Mlot. «Elels sont presque comme un matériau. »

De retour au laboratoire, afin de mettre en place une expérience reproductible, les fourmis (entre 500 et 8000) ont été placées dans un bécher qui a été agité. Les fourmis ont alors une tendance naturelle à s’agglutiner pour former des sphères quasi-parfaites.

Les chercheurs ont ensuite placé cette boule de fourmis dans un récipient rempli d’eau. La sphère s’est immédiatement aplatie formant une crêpe-radeau. Étonnamment, toute cette masse grouillante reste délicatement en équilibre à la surface de l’eau. Les chercheurs ont essayé de submerger le radeau, mais la surface de l’eau se retrouve déformée comme un tissu extensible prenant les contours du radeau.


Voulant se concentrer sur les détails de ce phénomène, leurs fourmis ont ensuite été soumise  à une large batterie de tests plus ou moins surprenants comme des peintures d’identification  afin de tracer leurs itinéraires sur le radeau. Pour étudier les mécanismes de formation du raft à haute résolution, ils ont gelé un radeau entier de fourmis dans l’azote liquide afin de l’observer au microscope électronique à balayage. Ca peut paraitre un peu barbare mais les fourmis se défendent.

« Après avoir été mordu de nombreuses fois, vous perdez votre sympathie pour elles », a dit Mlot, ajoutant que « les expériences sont suffisamment simples pour que n’importe qui puisse les essayer à la maison, s’ils sont assez courageux. »

Le rafting des fourmis, nouvelle structure pour des fibres Gore-Tex?

Les images ont révélé un agencement particulier des mandibules, griffes et  coussinets collants situés à l’extrémité des pattes formant un tissage serré similaires aux tissus imperméables comme le Gore-Tex, fortement hydrofuges. L’équipe a également construit un modèle mathématique de formation du radeau qui pourrait être utilisé dans les programmes des robots coopératifs. Des groupes de petits robots pourraient alors former un radeau d’exploration des égouts ou de caves inondées voir même participer au nettoyage des  déversements d’hydrocarbure, comme cela a été proposé dans le golfe du Mexique par McClurkin (lien).

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Dancers Amongst Us

Aimant toutes les initiatives visant à sortir les arts des lieux dans lesquels ils sont bien souvent emprisonnés, Dancers Among Us s’inscrit dans ce type de projet photographique. Le photographe américain Jordan Matter a ainsi mis en scène le monde de la danse à travers les rues de New York. Lorsque les danseurs sont parmi nous, la rue se charge de surprises et d’émotions.

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Tape generations – Scotch-art et stopmotion


Le hollandais Johan Rijpma possède une chaine Vimeo spécialisée dans la vidéographie. «Tape Generations», sa dernière vidéo en date, montre sa fascination pour les formes et le rythme. Qu’advient-il de rouleaux de scotch soumis à la gravité?

Rijpma commenté cette vidéo: « J’ai commencé à travailler sur ce projet il y a 6 mois. J’ai essayé beaucoup de compositions différentes pour ensuite faire une sélection. Chaque composition pouvait prendre plus de 12 heures de développement »
A ce titre, je vous conseille une autre de ses vidéos, Mad on Rocks 2, où des ombrelles lumineuses se promènent la nuit…

D’autres vidéos en stopmotion

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9/11

« On s’était dit rendez dans dix ans »

En ce jour de commémoration des dix ans de l’attentat du World Trade Center, les témoignages fleurissent sur l’ensemble des médias. Au moment de la mort de Mickael Jackson m’est apparu une d’appréhension de ce 11 septembre 2011, d’un débordement de mièvreries, d’une overdose médiatique pour cette date de souvenance qui devrait être empreinte d’humilité et d’introspection sur ce qu’il a changé en nous mais également dans le monde, plus que de commémorer bêtement un jour qu’on ne peut oublier dix années après.

Bien qu’en dix années les souvenirs s’estompent et la mémoire se brouille, nous gardons tous en tête des détails sur notre journée mais surtout les images des avions percutants les tours jumelles. En ce jour, une foule de journalistes étaient rivés dans le sud Manhattan pour nous faire suivre le déroulement de cette funeste journée. Pour ma part, j’étais encore  étudiant attendant la rentrée universitaire et la licence de Biochimie. Mais point d’oisiveté, occupé en 2×8 dans une usine sous-traitante de sièges automobiles fabriqués en flux tendu et expédiés vers une autre usine faisant l’assemblage des véhicules. J’avais en charge la réception des commandes de sièges, l’assignation à un  monteurs et l’organisation des chargements et départs des camions. Il fallait bien agencer les sièges afin qu’ils soient présentés dans l’ordre d’arrivage sur la chaîne de montage! Enfin passons, même si c’était certainement mon job étudiant le plus intéressant.

Cette semaine là, je bossais dans l’équipe d’après-midi, 13h-21h. Le hangar était presque coupé du monde, les journées rythmés par le bip-bip des camions effectuant une marche arrière pour s’aponter au quai de chargement. En cette journée, ces camions étaient notre lien avec le monde extérieur. Les chauffeurs disposant d’un autoradio étaient notre source d’informations. Des informations orales, partielles, approximatives et déformées qui ne laissaient pas entrevoir l’atrocité des images. Toute la journée, j’ai eu envie de voir  tellement ces informations paraissaient hallucinantes. Sur le trajet du retour à la maison, à vélo, j’maginais ces images. Une fois arrivé à la maison, ma première réaction fut d’allumer le téléviseur et de pianoter sur la télécommande le chiffre de la chaîne d’actualité en continue.

Ma mère m’a gentillement préparé et apporté un repas. J’ai tenté de manger mais, alors que j’étais affamé, la fatigue de la journée, le bouleversement induit par les images et l’horreur imaginée de ce qu’avait subit les personnes présentes dans les tours jumelles m’a coupé l’appétit. Lorsqu’on parle du 9/11, les premières images venant en tête des gens sont probablement le moment de l’impact de l’avion ou bien l’écroulement des tours. Pour moi, ce sont les images des personnes qui tentaient d’échapper à la fournaise en se défenestrant et les commentaires d’un pompier présent dans le hall du building annonçant qu’il ne pouvait sortir sur le parvis à cause du nombre de corps tombant du ciel et se disloquant sur le bitume. J’avais du mal à croire que j’étais devant la réalité. Non pas pour l’extrême imprévisibilité de ces événements mais par la mise en scène télévisuelle : tellement d’images, d’angles de vue et de montages complaisant. Toute cette matière visuelle ressemblait à un mauvais film catastrophe (américain) (d’ailleurs, les annonceurs auraient pu renoncer à gagner de l’argent sur toutes les tranches de pubs, mais c’est un autre sujet). J’ai du rester jusqu’à 2h du mat’ devant la boite à images, matraquage d’images mises en boucle par les chaînes d’information en continue. Je me suis couché avec une sorte d‘impression rétinienne, ces images continuant à défiler tout au fond de ma tête, avec la sensation que cette overdose d’images montrait mais ne permettait pas de comprendre.

Je ne me souviens que vaguement des jours suivants, seulement que le monde allait changer et que ces images continueraient à nous hanter pendant des années pour justifier ces changements. Après la surprise passée du « c’est pas possible ! », j’ai donc eu envie de connaître les causes de cette barbarie afin de mieux en comprendre les conséquences. Je me suis ainsi passionné pour la géographie, l’histoire et la géopolitique, de bons compléments à la biologie et à la physique pour essayer de comprendre un peu ce qui nous entoure.

Ce 11 septembre 2011 marque également les six mois du tremblement de Terre au Japon. Alors que des horreurs similaires (voir pires) venaient de se dérouler à travers le monde durant les années passées (Kosovo, Rwanda), ces génocides sont désormais presque oubliés… et pourtant le nombre de morts au Rwanda équivaut à l’attentat du WTC perpétré tous les jours pendant presque une année…

Loin des yeux, loin du coeur. Loin des caméras, loin des préoccupations…

Publié par Mathgon dans Etat d'âme, 2 commentaires